Mettez de la résilience dans les portefeuilles

Mettez de la résilience dans les portefeuilles

Paris, le 16 février 2016. Les mouvements de correction successifs, qui touchent les marchés financiers depuis le début de l’année, soulèvent de nombreuses questions récurrentes : les indices boursiers sont-ils rentrés dans une phase de capitulation ? Doit-on s’attendre à un choc de même ampleur que durant les crises des subprimes ou des dettes souveraines ? Jusqu’où le marché peut-il encore baisser ? In fine, ces nombreuses interrogations reflètent bien le climat de forte incertitude auquel sont confrontés les opérateurs de marché. Mais il est une question encore plus fondamentale lorsque l’on est gérant d’actifs, qui est de savoir quelle attitude adopter face à un début d’année historiquement chaotique pour les bourses mondiales.

Rester en dehors du marché ne saurait constituer une réponse satisfaisante au manque de visibilité, ne serait-ce que dans la perspective d’un éventuel rebond. Après une première phase de correction entretenue par la chute des cours du pétrole, la seconde semble davantage liée à des facteurs techniques sachant qu’aucune mauvaise nouvelle supplémentaire n’a été à déplorer aussi bien sur le front des prix du baril de pétrole que sur celui des statistiques chinoises. Elle pourrait notamment s’expliquer par le déclenchement de « stop loss », autrement dit d’ordres de ventes automatiques mis en place par certains intervenants.

Ce phénomène peut faire penser à une capitulation, qui supposerait que le rebond n’est pas loin. Surtout si l’on considère, comme nous le pensons, que le ralentissement de la croissance chinoise est conforme aux anticipations – de fait le yuan se stabilise- que les prix du pétrole n’iront pas sensiblement plus bas, puis remonteront au deuxième semestre, et qu’enfin, les banques centrales et notamment la BCE n’ont pas dit leur dernier mot.

D’autant qu’en terme de valorisation, les marchés redeviennent attractifs. Même en retenant l’hypothèse très conservatrice d’une progression nulle des résultats des entreprises du CAC 40, les multiples de capitalisation s’établissent à 15 % environ en dessous de leur moyenne historique. Dans ce contexte chaotique, mais qui offre de réelles opportunités, notre stratégie consiste à maximiser la résilience de nos portefeuilles, à travers 3 thématiques.

La première est celle de la résilience sectorielle liée aux tendances de fond de l’économie mondiale : ainsi, le vieillissement démographique bénéficie à un titre comme Orpéa, leader européen de la prise en charge de la dépendance qui croît à un rythme moyen supérieur à 15% par an. De même, la surperfomance historique de la croissance de l’économie numérique profite à des titres comme Ingenico, Atos ou Cap Gemini.

A titre d’exemple ce dernier titre se traite désormais à moins de 14 fois ses bénéfices 2016 au lieu de 17 fois dans les années récentes.

Le deuxième facteur de résilience est bien sûr le rendement ; au moment où celui des obligations du Trésor à 10 ans dépasse à peine 60 centimes, un certain nombre de sociétés offrent un dividende supérieur à 5%, que les turbulences actuelles ne remettront pas en cause. Notamment dans le domaine de l’Immobilier, favorisé par des taux d’intérêt très bas (nous avons renforcé nos positions sur des titres comme Nexity et Foncière des Régions) mais aussi du côté des Utilities qui, en qualité de purs distributeurs, ne subissent pas l’impact de la baisse des prix de l’énergie comme Snam en Italie ou Enagas en Espagne.

Enfin, indépendamment du contexte économique mondial, le secteur des Télécoms, en Europe et particulièrement en France devrait poursuivre son rétablissement. Le revenu moyen par abonné, favorisé par l’extension du très haut débit, se remet à croître produisant ainsi un effet positif sur les résultats opérationnels et les dividendes. Nous avons ainsi renforcé les lignes d’Orange, Iliad et Deutsche Telekom.

Christian Jimenez, Président


Diamant Bleu Gestion
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