Choc post-Brexit : une source d’opportunités ?

Choc post-Brexit : une source d’opportunités ?

Paris, le 11 juillet 2016. Après la Chine et le pétrole, le Brexit vient à son tour mettre les nerfs des investisseurs à rude épreuve. Sans doute parce que les pronostics du marché, eux même calqués sur ceux des bookmakers anglais, qui voyaient encore, la veille des résultats du vote, la Grande Bretagne rester dans l’Union Européenne, ont été rattrapés par la réalité des urnes. Et c’est bien sur ce dernier point que la visibilité fait défaut. Car le risque politique est une composante difficile à appréhender pour les investisseurs à l’heure où de nombreuses échéances approchent à grands pas : référendum constitutionnel en Italie, élections présidentielles aux Etats-Unis, puis en France, élections législatives françaises et hollandaises en 2017. Le tout sur fonds de montée en puissance des partis populistes de part et d’autre de l’Atlantique.

Dans ce contexte, les marchés ont tendance à surréagir aux mauvaises nouvelles quitte parfois à jouer à se faire peur à coups de parallèles hâtifs avec la crise de 2008. Ainsi, la volatilité implicite de l’Euro Stoxx 50 exprimée par le V2X s’est envolé jusqu’à un pic de 42% le 24 juin, au lendemain de l’annonce du Brexit, pour ensuite redescendre à des niveaux actuels proches de 23% contre une moyenne de 20% en temps normal. Jusqu’alors, une conjonction de facteurs militait en faveur d’une orientation positive des marchés financiers : cours du baril stabilisé autour 50 dollars, Chine qui cesse de faire peur notamment grâce au volontarisme affichée par sa Banque centrale, croissance mondiale au ralenti mais toujours positive, reprise confirmée en Europe, et taux historiquement bas propices à la relance du financement des entreprises.

Mais le Brexit a brutalement douché les espoirs des investisseurs qui ont également été échaudés par le mouvement vendeur causé par la dévaluation de la livre sur le marché immobilier britannique. Ce dernier point a d’autant plus cristallisé les craintes du marché que cette désaffection pour la pierre outre-Manche a entraîné la fermeture de plusieurs fonds immobiliers, qui n’a pas été sans rappelé les sombres heures de la crise des subprimes.

Du coup, l’onde de choc s’est propagée aux valeurs immobilières comme Unibail alors même que cette foncière ne possède aucun bien en Grande Bretagne. Plus globalement, les flux vendeurs ont ainsi affecté le secteur financier dans son ensemble jusqu’aux gérants d’actifs cotés. Or, durant ces phases de correction généralisée, même les dossiers de qualité souffrent. Dès lors une question se pose : reste-t-il des valeurs refuge ? Traditionnellement, le bund et l’or en font partie tout comme le franc suisse et le yen du côté des devises.

Mais cela n’est pas forcément du côté de ce type d’actifs que les opportunités d’investissement sont les plus intéressantes. D’abord parce ce qu’ils procurent un rendement très faible, voire nul. Ensuite parce que dans une optique de long terme, il y a plus à y perdre qu’à y gagner, notamment pour les obligations d’Etats les mieux notés comme le bund allemand.

A contrario, un investisseur en actions a plus de chance de rentabiliser son placement à long terme que de voir son capital diminuer. Surtout si l’on profite des mouvements de repli pour se positionner sur des valeurs peu ou pas exposées à la Grande-Bretagne, défensives ou bénéficiant de solides perspectives de développement, avec un rendement satisfaisant comme Unibail, Air Liquide ou encore Accenture


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